30.06.2006

Tentative d’explication

N’ayant pu lui-meme monter aussi haut qu’il l’aurait voulu, il ne pouvait permettre aux autres de monter...
C’est très millerien comme explication (voir Alice Miller) : dans l’éducation, on reproduit ce qu’on a soi-meme subi, ainsi les parents brimés briment leurs enfants et c’est ainsi que les brimades se perpétuent. Je suis sure que c’est ce qui s’est passé dans ce laboratoire.
Le mandarin a raconté un jour comment mourrant de faim pendant la guerre, il avait dévoré un pot de moutarde.
Or il n’a pas eu le prix Nobel, c’est pourquoi tous ses « enfants » ont été maltraités.

28.06.2006

Les reproches injustes

L’autre problème que j’avais avec N., c’est qu’elle était de trop.
Quand je parle du nid de mégalo où j’étais tombée, il faut bien comprendre aussi que j’en faisais partie. Et on constate ainsi que les mégalos peuvent etre faibles et apeurés.
Donc pour glorifier ma petite personne et rattraper un de mes échecs passés (ou était-ce le fait d’avoir bénéficié de piston qui me faisait douter de ma valeur ?), j’avais tout simplement combiné mes attentes avec celles du mandarin, et je me retrouvais glorieusement avec trois étudiants en DEA et un étudiant en thèse.
Il faut dire à ma décharge que je n’ai pas ménagé mon temps ni mon énergie pour mener à bien la tache pharaonique de materner quatre personnes. Par exemple j’ai relu les trois rapports de stage au cours de mes week-ends de mai-juin et les trois étudiants ont été classés premiers dans leurs trois DEA respectifs et différents. (Ca fait du bien à un ex-mégalo de se remémorer ses exploits !). Mais c’était quand meme trop et N. par exemple était de trop de façon flagrante. Mais les classements sont à moduler quand on sait le pouvoir de persuasion de certains membres de jurys. Mais j’avais confié une autre étudiante à une autre chercheuse nouvellement recrutée dans mon équipe (enfin je le croyais) et c’est ainsi que je l’ai « perdue ».
J’ai néanmoins repoussé la limite de l’horreur (et du ridicule ?) en accueillant encore un nouvel étudiant dans mon giron, et en prenant une autre sous mon aile protectrice. Toujours en parfaite intelligence avec mon mandarin favori.
Peut-etre un signal d’alarme s’etait-il declenche. Ou peut-etre sont-ce les circonstances : on avait en effet à cette époque décidé de m’envoyer faire un pseudo-post doc (puisque le piston m’avait évité d’en faire un comme tout le monde). Et le mandarin décréta soudain que je n’avais qu’à partir tout de suite immédiatement cet été. J’étais outrée que l’on puisse décider ainsi de la vie des gens, disposer de leurs vacances, ne pas tenir compte de leur entourage, de leurs impératifs. Et j’ai dit non. J’en ai profité pour dire non aussi à un prochain stagiaire. C’est la colère qui s’est déchainée :
« Vous n’etes rien, vous ne savez rien, vous n’avez rien fait, c’est moi qui est tout fait, c’est moi l’enseignant qui ai trouvé les étudiants, vous ne comprenez rien ma pauvre fille. »

Une vie sous terreur (I)

J’ai donc dis que N. m’avait été volée quand j’avais le dos tourné.
En fait non, ce n’était pas cela, j’étais le moyen par lequel le mandarin qui avait passé la limite d’age, se procurait tout de meme des étudiants.
Et bien évidemment je n’ai rien vu, rien compris, j’ai foncé tete baissée dans la combine.
Je me mets maintenant à la place de N. et je me dis : pas facile d’avoir deux encadrants.
D’autant plus que je n’avais pas de réaction très saine à son égard, car la violence de ses reproches que j’essayais à tout prix d’éviter, me terrorisait.
Elle me titillait toujours la où ça fait mal en me demandant avec agressivité : Et la suite ? Qu’est-ce qu’on fera après ? Dans un mois ou dans six .
Est-ce que j’en avais la moindre idée moi ? Non.
Paniquée, j’improvisais toujours une réponse.
En appréhendant la prochaine étape.
Quant à ses reproches, elle réagissait à la moindre remarque, du moins je le croyais. Si bien que je n’osais lui faire aucune remarque et que j’acquiescais toujours à ses suggestions.
Eh oui lecteur estomaqué, dans ce monde dont je parle, certains (moi par exemple) avaient des responsabilités qu’ils n’étaient pas capables d’assumer .
Mais je vous jure que j’ai fait de mon mieux.

27.06.2006

Remerciements

Dans un rapport de stage ou une thèse, la page la plus lue et la plus riche en fautes d’orthographes parce que paradoxalement la moins relue, est la page de remerciements.
Le Moyen-Age n’étant pas si loin, on continuera encore pendant des générations d’étudiants à remercier le Grand Manitou qui dirige et qui ne sait meme pas qu’on existe.
Mais ce n’est pas le sujet du jour.
Un point d’orgue dans ma descente aux enfers a été la page de remerciements de N., que j’étais sensée encadrer pendant sa thèse (et qui m’a été volée, je parle avec des termes appropriés aux conditions). Que dis-je, la page ?
Il faut dire que les remerciements de N. se vautraient sur trois pages bien au-delà de l’institut lui-meme, presque jusqu’aux confins de la ville.
Eh bien, N. n’a rien trouvé pour me remercier.
Elle s’est débarrassée du probléme assez finement je dois bien l’avouer. Elle m’a éliminée dans une phrase suggérant simplement que je n’avais pas besoin de beaucoup de place pour travailler.
A la réflexion, je suis bien contente de n’avoir pas été mélangée avec tout le monde (ils sont trop verts, dit-elle, et bons pour les gougeats...).

26.06.2006

Pour quitter la prison, il faut l’accord du géolier.

Ce titre me fait penser au film « Les nuits avec mon ennemi ».
Dans la relation sado-maso qui nous liait, mon directeur et moi, l’administration avait une clause rendant la séparation difficile.
Après mon évasion, j’ai reçu du directeur général de l’encore pas pour longtemps prestigieux organisme de recherche qui m’emploie, la lettre suivante :
« Le directeur de votre nouveau laboratoire étant d’accord ET le directeur de votre ancien laboratoire ne s’y opposant pas, vous etes mutée... etc... »
Puisque vous prenez la peine de me lire et pour certains de revenir, je vais vous raconter comment j’ai obtenu (si l’on peut dire, vous allez voir...) la lettre de non-opposition indispensable.
Tout allait bien lorsque j’apprends du futur nouveau directeur qu’il ne manque plus qu’une lettre de non-opposition de l’ancien pour que mon dossier avance.
Comme je me trouvais par hasard dans la meme pièce que lui, je surmonte ma peur et je le lui demande illico.
Il marmonne quelque chose et fronce les sourcils.
Le lendemain, il m’a fait un caca nerveux.
Que je le traitais mal, qu’il n’était au courant de rien, qu’il était le dernier informé...
C’est ainsi qu’il m’a extorqué le dossier que j’avais du préparer pour demander ma mutation.
Et où, comme il a pu le constater à son grand soulagement, je n’avais pas osé le massacrer (en fait je craignais de faire mauvaise impression par la violence de mes critiques, votre servitrice est une froussarde...).
En bref, il ne voulait pas faire de lettre de non-opposition. Et je le comprends, car je trouve que ce type de lettre est humiliant.
Il a fini par accepter d’écrire un mot où il disait prendre bonne note de ma décision. Ouf.
Donc, le système broyeur a des dirigeants qui se refusent à jouer le jeu du système.
Parce qu’ils ont été broyés eux-memes ?

24.06.2006

L'ecriture cathartique fait mal

Non, ce blog n'est pas mort, la preuve c'est qu'il y passe tout de meme quelques visiteurs.
Bon, la vie ètant mal faite, aujourd'hui j'ai le temps et l'envie de le complèeter, mais...
les caractéres sont microscopiques.
Donc, j'ai dècouvert (normal pour une chercheuse !) que loin de me faire du bien, raconter ces souvenirs me remue les tripes.
Allez courage !

La note suivante s'appelle "Pour s'èvader, il faut que le geolier soit d'accord"

Si vous revenenez, vous saurez la croix et la bannière que cela a été d'obtenir la fameuse lettre de non-opposition...

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